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miércoles, 28 de junio de 2023

EXCÉDÉ, LE MOT CHÉRI DE FRANÇOIS SAGAN

Par logique, affirmer que le mot excédé

L'édition que j'ai lue
est le préféré d'une écrivaine ou d'un écrivain est hyperbolique; mais, il en fait une impression, une sensation de déjà vu, quand je l'ai retrouvé dans les premières pages de Dans un mois dans un an, le tout troisième roman de François Sagan. Après, Bonjour tristesse, j'ai lu et j'ai commenté l'été précédent Un certain sourire. Et un de ces jours, j'ai déniché celle-là à la bibliothèque de la maison familière de campagne.

    On pourrait dire un récit qui est une prolongation des antérieurs, tel que chapitres d'un même roman. Les personnages changent, les histoires aussi, si on peut dire que dans les textes de Sagan il y a des faits concrets, mais survivent l'ambiance, le décor, Paris, les sensations et les mots, toujours répétés (exceéée, lassée, ennuyeux, insouciant, etc.) On trouve la-bàs de personnes sans objectifs concrets dans la vie, voire sans moralité, qui vivent pour les caprices plus ou moins soudains, pour les toquades de Josée. Les Italiens parlent de la dolce far niente.

    J'ai appris que le roman a été écrit en

Sagan, à l'époque du livre
1957 et ces situations de la vie, des relations humaines, sont insaisissables pour un Espagnol qui arrive de ce temps-là. Rien à voir les deux mondes: une société de liberté front une autre coincé sous une autocratie catholique avec une ferme moralité. Rien ne s'échappait au contrôle des hommes et surtout, surtout, il faut le remarquer, des femmes. C'était plus que l'interdiction de voir des films -il fallait aller à Perpignan pour avoir de piquant- ou de lire des livres troublants ou simplement révolutionnaires ou dangéreux, c'était la vie même.

    Presque à la fin du livre madame Sagan se dévoile: " Dans deux mois ou un an, tu ne m'aimerais plus ". Carpe diem, de l'italien au latin, vive le jour ! Et au moment d'expliquer le grand triomphe de Béatrice [" C'était gagné, quelque chose était gagné "] on a le droit de se demander si c'est l'actrice qui parle ou c'est l'écrivaine qui évoque la bombe que fut Bonjour tristesse...


domingo, 24 de julio de 2022

BONJOUR SOURIRE !

De Bonjour tristesse je ne garde

que des images, des sensations. J’ai l’ai lu à la fin des années soixante-dix, à l’époque universitaire, mais je me doute qu’elle ait été publié avant en Espagne. Je ne crois pas qu’elle ait passé la censure de la dictature ecclésiastique et politique espagnole.

Je me souviens d’une jeune fille insouciante, sans but défini pour la vie, sans un sens quiconque de la moralité; rien à voir avec ce qu’il était l’éducation chrétienne que nous avons reçue ou subie, ou toutes les deux à la fois.

Chez moi, il y a des bouquins en français partout. Un de ces jours, j’ai jeté un coup d'œil à la bibliothèque et je ne sais pas pourquoi j’ai pris Un certain sourire, de Françoise Sagan, son second roman, presque une nouvelle: un peu plus de 100 pages.

Il y a cinq ans que j’y suis à plein temps avec le valencien/catalan et quelquefois aussi dans l’espagnol/castillien, et les lectures en français se font rares : la presse du jour et peu plus.

Et pour commencer Sagan, ça fait dur ! Le livre est petit, bien sûr, mais dense ; il faut tourner et retourner les phrases pour voir ce qu’elle dit et surtout ce que signifie l’ensemble des mots. Il faut dire que La symphonie pastorale de Gide, que j’ai été obligée de la travailler il y a quelques années pour mon diplôme en langue française, a été encore pire : la langue de l'écrivain a été très compliquée à comprendre et à interpréter, mais j’en garde un bon souvenir parce que j’ai été admis !

Est-ce que nous pouvons parler d’une continuation de Bonjour tristesse ? Si, je le crois. C’est un roman intimiste avec des mots tels

qu’insouciance, ennuyer, indifférence et tristesse, évidemment ! Trois fois se répète ce dernier nom, si je n’ai mal compté. J’ai lu quelques critiques des lecteurs et quelques-uns voient là-bàs de l'existentialisme, de la vie sans but, sans destin et, par logique, sans Dieu.

C’est pour cela que je comprends pourquoi Sagan a ébranlée la société française de 1954 et 1956, avec une vision des jeunes filles très inconvénient. Cela, par exemple, a frappé François Mauriac, à qui je vois comme un défenseur des valeurs de la France traditionnelle, catholique -un peu comme Camilo José Cela en Espagne*-, et à moi aussi. C’était une lecture bouleversante, ce qui n'arrive pas toujours avec les romans.

Après Un certain sourire, je vais m’y mettre avec Dans un jour, dans un an, que c’était le troisième roman, pour voir comment cela se passe ! Je promets de vous raconter.


* Tous les deux ont eu le Prix Nobel de Littérature: en 1952 le français et en 1989 l’espagnol.